La confirmation est tombée dans la semaine, c’est bien un loup qui a attaqué et tué un veau dans une prairie de Narcimon t, sur la commune de Léglise, le 21 septembre dernier. Au sein de l’exploitation gérée par Laurent et Jérôme Léonard, père et fils, on n’avait guère de doute. C’est que le loup s’en était déjà pris à un veau au même endroit, il y a deux ans. Cette fois, la bête pesait tout de même près de 250 kg, selon les éleveurs. Ils seront bien entendu indemnisés, mais ce qu’ils demandent surtout, c’est que le prédateur ne s’en prenne plus à leur bétail. S’agissait-il d’un loup de la meute de la forêt d’Anlier ou d’un animal de passage, il faudra encore patienter pour le déterminer.
Depuis le début de l’année, on enregistre 85 attaques potentielles de loup en province de Luxembourg. Potentielles, car certaines sont encore sous investigation. «C’est presque la moitié des attaques en région wallonne«, précise Alain Licoppe, coordinateur du Réseau Loup pour la Wallonie. Parmi ces 85 cas, 3 seulement sont attribués à la meute de la forêt d’Anlier et 53 à celle de Saint-Hubert ! (les autres attaques provenant de loups dispersants) Des précisions apportées par l’expert lors d’un débat organisé par TV Lux.
Le comportement problématique de la meute de Saint-Hubert
On le sait, la meute de Saint-Hubert a un comportement problématique. Elle se nourrit énormément dans les troupeaux d’élevage, attaquant parfois à quelques mètres d’habitations, tandis que la meute de la forêt d’Anlier se montre beaucoup plus discrète, se nourrissant essentiellement en forêt.
Pourquoi une telle différence de comportement ? Elle pourrait être attribuée à la disparition du loup mâle de la meute de Saint-Hubert. Pour rappel, le 1er septembre dernier, un loup a été mortellement fauché sur la N 4 à Bande. Tout porte à croire qu’il s’agit du mâle de la meute de la forêt de Saint-Hubert. Ce dernier n’a depuis lors plus été repéré. Le Réseau Loup dispose de l’identité génétique du prédateur mort. Pour déterminer avec certitude s’il s’agit du mâle de Saint-Hubert, il faudra analyser des crottes des louveteaux, et croiser les génotypages. Il semblerait que la femelle, depuis la disparition du mâle, s’attaque régulièrement aux animaux d’élevage. Une hypothèse qui doit encore être confirmée.
Impatience des éleveurs
Dans la région, les éleveurs sont tout particulièrement impatients que le nouveau Plan Loup soit connu et entre en action. Il devrait notamment autoriser plusieurs actions pour mettre fin à des comportements problématiques de loups, allant de l’effarouchement au tir mortel, moyennant l’obtention d’une dérogation des autorités européennes compétentes. Car le loup, revenu naturellement dans nos régions, bénéficie pour rappel d’un statut européen d’espèce protégée.
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