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Une étude du Liser montre qu’en 2025, 9,5% des travailleurs du Grand-Duché étaient exposés au risque de pauvreté. Une chiffre plus élevé que la moyenne de l’Union européenne.
Publié par Shahinez Benabed le 16/10/2026 à 12:00
(c) Javad Esmaeili de Pixabay
Au Luxembourg, comme dans l’Union européenne, le fait de travailler ne permet pas nécessairement d’échapper à la pauvreté. Selon une étude du Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (Liser), publiée le 13 octobre dernier, 9,5% des travailleurs au Luxembourg étaient ainsi exposés au risque de pauvreté en 2025. C’est plus que la moyenne de l’Union européenne qui atteignait 8,3% des travailleurs.
L’étude pointe également que le phénomène de travailleurs pauvres peut concerner différentes situations : une pauvreté persistante parmi les personnes en poste, de nouvelles entrées dans la pauvreté parmi des travailleurs qui n’étaient jusque-là pas pauvres, ou la pauvreté parmi les personnes qui viennent juste de débuter dans leur emploi.
Phénomène persistant
Ce phénomène est en outre, malheureusement, « particulièrement persistant », selon les auteurs : « les personnes qui étaient déjà en emploi et en situation de pauvreté l’année précédente représentent plus de la moitié des travailleurs pauvres dans l’ensemble des 26 pays étudiés, et plus de 60 % au Luxembourg ».
Dans le détail, au Grand-Duché, en 2024, 9,1% des travailleurs étaient pauvres l’année précédente. C’est plus que les 7,7% observés en moyenne dans l’Union européenne.
A noter cependant que leurs chances de rester pauvres (56%), certes élevées, étaient cependant légèrement en dessous de la moyenne (61%). Par ailleurs, notent les auteurs, la pauvreté au travail a aussi enregistré une baisse entre 2013 et 2024 dans le pays, passant de 10,5% à 8,1%.
Plusieurs facteurs de risque
L’étude aborde également la question de savoir quels sont les facteurs de risques pouvant conduire à devenir un travailleur pauvre. Parmi eux, figurent :
- Le fait d’être à mi-temps (près de 13% des personnes concernées étaient à risque, contre 7% des travailleurs à temps-plein) ;
- Le fait d’avoir un contrat temporaire (13% des travailleurs, contre 5% des personnes en CDI) ;
- Le fait de ne pas vivre avec un autre adulte au sein du foyer (avec un taux de pauvreté de 13%, contre 7% dans le cas inverse) ;
- Ou encore, le fait, pour un travailleur, de vivre avec plusieurs adultes, mais d’être le seul à avoir un salaire (11% de probabilité de pauvreté, contre 2% quand au moins un autre membre du foyer travaille à plein temps).
Mieux comprendre pour apporter de meilleures réponses
Face à ces chiffres et à ces constats, les auteurs préconisent de « mieux comprendre les mécanismes à la base de la pauvreté au travail avant de déterminer les réponses les plus appropriées en matière de politiques publiques ».
Le tout, bien sûr, en s’adaptant précisément au pays concerné. L’idée étant de bien cibler chaque type de travailleurs pauvres (pauvreté persistante, nouvelle pauvreté parmi des travailleurs jusque-là épargnés, etc.), de bien déterminer leurs particularité, et ensuite de se poser les bonnes questions afin d’élaborer des politiques publiques qui fonctionnent.
Par exemple, au niveau de la pauvreté persistante parmi les travailleurs (c’est-à-dire lorsque les personnes sont en poste mais que les revenus du foyer restent en dessous du seuil de pauvreté), l’étude propose plusieurs questions sur lesquelles se pencher pour apporter une réponse politique. Notamment : est-ce que « les salaires, le temps de travail, l’intensité du travail domestique, les prestations (y compris les politiques familiales), les modes de garde d’enfants et les besoins des ménages » suffisent « à permettre une sortie durable de la pauvreté ? ».




