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Le bourgmestre de Differdange et l’opposition réagissent à la fraude de plus de 400 000 euros dont a été victime la commune.

«C’est dur pour moi que nous ayons perdu autant d’argent des contribuables. Quand j’ai été informé de cet acte criminel, j’ai passé une journée dans le bureau du receveur pour chercher l’erreur. Un manquement à la procédure, un moment de faiblesse d’un employé… Je n’en ai pas trouvé». Bourgmestre de Differdange, Guy Altmeisch (LSAP) a révélé mercredi, en conseil communal, la fraude de 407 755 euros dont a été victime la commune, dans le cadre du chantier de rénovation et d’extension de l’hôtel de Ville.
Le premier édile explique à L’essentiel avoir exploré avec ses services toutes les voies de recours (bancaires…) qui pourraient permettre à la commune de récupérer son argent. «J’imaginais que c’était possible», confie l’édile. Mais seule l’enquête judiciaire semble désormais pouvoir lui laisser un espoir.
«Les malfaiteurs l’ont confirmé en usurpant l’identité du bureau d’architectes»
Tout a débuté en mai dernier quand la commune a reçu «un cumul de factures de 407 755 euros» d’une entreprise de construction et de forage «qui a travaillé pour nous» sur le chantier de l’hôtel de ville. Une somme «pas extraordinaire» pour un chantier de cette envergure, note le bourgmestre. «La procédure normale s’est mise en place. Nous avons contrôlé auprès de l’architecte du bâtiment que cette somme était due et correspondait au travail réalisé. Il l’a confirmé», raconte Guy Altmeisch.
Mais les malfaiteurs auraient alors usurpé l’identité du bureau d’architecte en signalant que l’entreprise avait changé de compte bancaire. «La commune a demandé confirmation de ce changement à l’établissement bancaire. Mais un nouveau document falsifié (cette fois bancaire) a permis à la fraude de se poursuivre.
«Ce n’est pas notre système informatique qui a été piraté»
«En parallèle, nous avons reçu des mails sur un ton amical du présumé bureau d’architectes, utilisant les prénoms de nos employés communaux, et confirmant que le virement pouvait avoir lieu», note le bourgmestre. Un échange téléphonique a même eu lieu, sans le savoir, avec les malfaiteurs, selon Guy Altmeisch.
Ce n’est qu’en juin, quand un fournisseur de marchandises a réclamé son dû, que la fraude est apparue au grand jour. «Nous avons aussitôt porté plainte. Mais il n’y avait plus de possibilité de stopper le virement ou de faire opposition», confie le bourgmestre. Pour ce dernier, la commune n’est pas à 100% responsable. «Ce n’est pas notre système informatique qui a été piraté». La commune a réglé la facture à la véritable entreprise concernée. «Ce n’est pas la faute de leurs salariés si nous avons été cambriolés», dit-il.
«Il faut des outils de vérification et de revérification à la hauteur des sommes conséquentes engagées»
Guy Altmeisch assure aussi avoir dès le lendemain imposé des mesures de procédures renforcées, pour être encore plus vigilants. Exemple: faire vérifier les virements d’envergure par trois personnes. «Mais comme commune, nous avons déjà mis en place beaucoup de mesures de sécurité, souligne le bourgmestre. Que faire de plus que téléphoner?» Sans présager de l’enquête en cours, il qualifie de «professionnelles» les méthodes des escrocs.
Faut-il que le ministère des Affaires intérieures impose des procédures harmonisées à toutes les communes? «Je ne pense pas, estime Guy Altmeisch. Cette affaire ne signifie pas que le système informatique des communes est faible. C’est celui d’acteurs qui travaillent pour les communes qui a été visé». Selon le premier édile, cette escroquerie n’aurait pas de lien avec la cyberattaque dont a été victime le site Internet de la Ville en avril.
«Nous regrettons cette situation, a réagi l’élu d’opposition Paulo Aguiar (Déi Greng). Nous ne sommes malheureusement pas à l’abri de ce type de fraude dans l’administration communale. Face à ce fléau, il faut des outils de vérification et de revérification à la hauteur des sommes conséquentes engagées». Il appelle à renforcer les procédures, tout en espérant que l’enquête judiciaire pourra aboutir. Basé à Luxembourg, le cabinet d’architectes visé par la fraude n’a pas souhaité faire de commentaires, confirmant simplement avoir «évidemment» engagé des procédures.
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