Salud mental: Luxemburgo entre los mayores consumidores de drogas psicotrópicas del mundo

«Nous vivons dans une société de consommation occidentale où de nombreuses offres [peuvent conduire à une dépendance]. L’alcool, le tabac et les médicaments figurent parmi les substances légales les plus consommées dans notre société, suivis de près par le cannabis«, a déclaré jeudi matin sur RTL Anouk Hinger.

Concernant le cannabis, la psychologue met en garde contre l’emploi du terme «légalisation». Selon elle, ce mot peut véhiculer l’idée erronée que sa consommation est désormais totalement autorisée et, par conséquent, sans danger. «Car ce n’est pas légalisé ainsi. Dans l’esprit des gens, c’est aussi ainsi : ‘oh, je peux fumer ça ou c’est ok, donc ce n’est pas nocif, car les gens continuent à faire la différence entre ‘illégal, c’est dangereux, et légal, c’est inoffensif‘»

Une consommation élevée de psychotropes au Luxembourg

Concernant la consommation de médicaments, Anouk Hinger a particulièrement attiré l’attention sur les psychotropes, notamment les somnifères et les tranquillisants. Si ces médicaments sont fortement consommés à l’échelle mondiale, le Luxembourg figure parmi les pays où leur usage est le plus élevé. Chaque année, quelque 355.000 ordonnances y sont prescrites pour des psychotropes, dont des antidépresseurs, des médicaments contre l’anxiété, mais aussi des somnifères et des calmants.

Alcool : moins de publicité et un accès moins facile

Pour Anouk Hinger, la campagne du Dry January, qui encourage une abstinence d’un mois, constitue une bonne initiative pour inciter chacun à réfléchir à sa consommation d’alcool et à faire une pause. L’alcool reste toutefois profondément ancré dans la société et continue d’être considéré comme un élément du patrimoine culturel. Selon la directrice du CNAPA, il ne suffit donc pas d’en appeler à la seule responsabilité individuelle des citoyens. Des adaptations législatives sont également nécessaires, notamment en ce qui concerne l’âge légal pour l’achat d’alcool, les points de vente et la publicité. La visibilité et l’accessibilité des produits devraient elles aussi être davantage encadrées. Prenant l’exemple des stations-service, elle souligne : «Lorsqu’on y entre, on est pratiquement submergé par l’offre de produits de vapotage, de cigarettes électroniques, d’alcool et voilà, comment résister à la tentation alors ?«

En matière de comportements addictifs, les hommes demeurent davantage exposés aux risques. Ces dernières années, une tendance à la hausse de la consommation chez les femmes est toutefois observée. Concernant l’alcool, les hommes commencent généralement à consommer plus tôt que les femmes, explique Anouk Hinger. Or, cette période correspond à une phase de développement durant laquelle des habitudes susceptibles d’influencer le reste de la vie peuvent se mettre en place. Chez les hommes, la convivialité figure également parmi les motivations de la consommation d’alcool.

Quand la consommation devient l’unique stratégie pour faire face

Selon une enquête luxembourgeoise sur le cannabis réalisée en 2023, près de 70 % des personnes interrogées en ayant consommé au cours des 30 derniers jours citaient la recherche de détente comme motivation. Plus d’un cinquième des répondants évoquaient également des symptômes de dépression ou des sentiments d’anxiété.

Pour Anouk Hinger, ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. La psychologue souligne que la consommation peut devenir problématique lorsqu’une personne consomme parce qu’elle va mal et qu’elle ne dispose plus d’autres moyens pour faire face à ses difficultés. L’enjeu principal réside ainsi dans la fonction que la substance occupe dans la vie de l’individu.

Les effets néfastes de la consommation commencent avant la dépendance

Toute personne qui consomme une substance ne développe pas nécessairement une dépendance. Pour évaluer la consommation, il faut prendre en compte la fréquence, les quantités consommées et les motivations qui la sous-tendent. Il existe par ailleurs des situations où toute consommation doit être évitée, comme pendant la grossesse, au volant ou lors de l’utilisation de machines au travail.

Une dépendance constitue un diagnostic médical à part entière. Toutefois, la consommation peut déjà provoquer des conséquences néfastes avant même d’atteindre ce stade. Ces effets peuvent toucher la santé de la personne concernée, ses relations avec son entourage ou encore ses performances dans la vie quotidienne. Selon la psychologue Anouk Hinger, il n’est pas toujours facile pour les personnes concernées d’identifier le moment où une simple habitude évolue vers une consommation problématique.

Réseaux sociaux : une interdiction pour les jeunes doit s’accompagner d’une éducation adaptée

Les écrans et les réseaux sociaux occupent une place de plus en plus importante dans la vie quotidienne, déplore Anouk Hinger. Selon elle, cette problématique ne concerne pas uniquement les enfants et les adolescents, mais également les adultes. «Il est assez frappant de constater à quel point l’utilisation des écrans a gagné en importance et en temps dans la vie de chacun. D’un côté, nous en avons besoin pour gérer notre quotidien. Mais lorsque l’on examine les chiffres des études internationales, l’impact qu’ils peuvent avoir sur le bien-être, ou au contraire le mal-être, est considérable.«

Pour la directrice du CNAPA, une interdiction des réseaux sociaux pour les enfants et les adolescents est nécessaire dans une logique de protection de la jeunesse. Elle estime également que les administrateurs des plateformes devraient assumer davantage de responsabilités et faire plus de contrôles. Cependant, une interdiction ne suffirait pas à elle seule. Les enfants doivent aussi être préparés à un rapport sain au monde numérique par l’éducation et un accompagnement adapté. Ces questions seront d’ailleurs au cœur du Forum de la résilience organisé vendredi par le CNAPA dans le cadre des Semaines de la santé mentale.

Aborder les personnes concernées sans les juger

Lorsqu’une personne s’inquiète de la consommation d’un membre de sa famille ou d’un ami, il est important d’oser aborder le sujet, conseille la psychologue. Il ne s’agit pas de poser soi-même un diagnostic, mais plutôt d’évoquer les comportements qui suscitent des inquiétudes.

Dans cette démarche, le respect et la considération sont essentiels. Il convient d’être à l’écoute, de rester en contact et d’offrir son soutien. Si nécessaire, il est également possible d’accompagner la personne concernée dans une prise de contact avec un service spécialisé.

Redacción

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